Harcèlement moral au travail.
La loi n° 2002-73 du 17 janvier 2002, intégrée à l'article L. 122-49 du Code du travail, dispose qu’ « aucun salarié ne doit subir des agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel.
Aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire directe ou indirecte, notamment en matière de rémunération, de formation, de reclassement, d'affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de renouvellement de contrat pour avoir subi, ou refusé de subir, les agissements définis à l'alinéa précédent ou pour avoir témoigné de tels agissements ou les avoir relatés.
La Cour de cassation a élargi la notion de harcèlement moral dans les entreprises
Nous pouvons voir trois manières complémentaires de décoder cette information d’élargissement de la notion de harcèlement moral dans les entreprises et on peut déjà admettre qu'elle est pour le moins révélatrice de la déconfiture du système social défini par les grands gourous de notre dictature fonctionnaucratique
1/ Le harcèlement subi au niveau individuel.
Pourquoi ? Quel intérêt de harceler ? La réalité du petit chef ?
Ces questions simples sont très importantes et le simple fait de les formuler permet de commencer à comprendre tout le mécanisme du harcèlement moral des salariés dans l’entreprise et font entrevoir des motivations totalement différentes.
En effet, et quand bien même les conséquences sont identiques et catastrophiques pour le harcelé, on doit se poser la vraie question de savoir si le harcèlement est simplement l’oeuvre d’un pervers qui individuellement, jouit et abuse de sa puissance, ou si le harcèlement provient plus ou moins d’une volonté délibérée de l’entreprise qui utiliserait le harcèlement, des pervers ou des petits chefs formés et formatés pour ces sombres tâches car elle est bien souvent dans l'impossibilité de se séparer de telle ou telle personne de son personnel ?
Dans le premier cas, c’est relativement simple. Le harcèlement est le même au travail et partout dans la vie de tous les jours. C’est une atteinte à la dignité de la personne humaine, et que ce soit sur son lieu de travail, dans sa famille ou dans sa vie relationnelle. C’est un crime, le harcèlement devrait toujours être considéré comme tel car il ne devrait pas exister de degré à l’atteinte à la dignité de l’homme. Le niveau de gravité du harcèlement n’est réellement définissable que par celui qui le subit.
Pour le deuxième cas, c’est beaucoup plus complexe
En préalable, il est nécessaire de donner la définition de l’entreprise et quel devraient être les droits fondamentaux de l’individu ?
Je pense que l’entreprise ne devrait être simplement qu’une structure personnelle, collective ou morale qui aurait uniquement une mission et une vocation économique ou collective. Mais actuellement, et dans la bonne pensée de notre dictature fonctionnaucratique, l’entreprise est devenue une entité morale impersonnelle servant seulement à asservir et procurer du travail à une foule de consommateurs débiles et béatement fidèles. Alors les problèmes internes d'identification s’additionnent d’autant que l’individu est dans l'obligation de travailler pour simplement survivre.
Ce monde prôné par nos grands gourous de la bonne pensée judéo-chrétienne est vraiment débile et irresponsable.
Comment peut faire un chef de service d’une administration qui a des objectifs à réaliser en étant obligé de composer avec des membres de son équipe qu’on lui a imposés et que jamais il ne pourra licencier ? Comment un dirigeant d’entreprise ou chef de service peut-il réaliser des objectifs économiques alors qu’il n‘a même plus la possibilité de composer son équipe et que jamais il ne pourra se séparer des éléments qui « rament à contre courant » ?
Je crois qu’il faudrait réaliser un modèle social dans lequel chaque individu pourrait se soigner, s'éduquer, se loger, se nourrir et disposer d’un minimum vital « sans obligation de travailler », avec en contre partie, la possibilité offerte aux entreprises de pouvoir licencier librement et sans avoir à se justifier.
Non, ne rigolez pas ... c’est possible et ça reviendrait infiniment moins cher que nos conneries de dictature fonctionnaucratique.
2/ Le harcèlement au plan sociétal.
"La fonctionnarite est à la société ce que le cancer est à l’individu"
A qui profite cet élargissement de la notion de harcèlement moral ?
A question simple réponse simple ....
- Tout d’abord à la fonctionnaucratie judiciaire qui étend son importance, son influence et crée des emplois nouveaux tertiaires. (création en interne d'un marché nouveau = travail sup. pour avocats et magistrats et pas assez de moyens ... les pauvres !)
- Au lobby des « psy », médecins ou autres conneries de ce genre qui voient en l’occasion un apport fric nouveau. ( encore un marché nouveau à développer ... voir Marie-France Hirigoyen, psychiatre et psychanalyste qui demande avec "Christophe Dejours et moi-même sommes d’accord sur la nécessité de mettre en place des consultations de psychopathologie du travail : des lieux de soin et d’orientation extérieurs à l’entreprise, où pourraient intervenir de façon pluridisciplinaire des psychologues, des médecins du travail, des juristes… Où ? Avec quels financements ? Tout cela reste à déterminer.")
- Au gens bien pensants et moralisateurs qui abondent dans les ONG, la gauche caviar et les médias, ils pensent que la masse n’est pas apte à penser par elle-même sans être guidée par un chef ou un représentant.
Ils revendiquent aussi une part de ce nouveau "gâteau" en demandant la création de nouveaux emplois sociaux.
- Et enfin au pouvoir central qui ajoute du flou au flou, de l’arbitraire à de l’arbitraire et des imprécisions à des imprécisions ... et qui, de ce fait, pourra punir ou récompenser à son bon vouloir ... c’est l’idiotie parfaite et l'hypocrisie qui dominent et qui domineront encore de plus en plus.
3/ Qui dirige vraiment et qui fait les lois dans notre dictature fonctionnaucratique ?
Encore un exemple supplémentaire démontrant la lâcheté de la classe politique dans son ensemble qui refuse de faire des lois claires et précises. Les politicards préfèrent "botter en touche" en laissant les administrations modifier et faire les lois. Il faudrait rendre impossible la jurisprudence. Mais ces messieurs sont bien trop occupés à profiter des privilèges qu’ils se votent.
En résumé.
Cet élargissement de la notion de harcèlement moral est clairement dirigé.
C’est l’innovation, la créativité, l’esprit d’entreprise, la volonté d’entreprendre, la conscience professionnelle et la réussite individuelle que l’on désire détruire au profit de la bonne pensée unique officielle. Et nos entreprises seront encore un peu moins compétitives et nous délocaliseront encore un peu plus ... mais c'est sans importance car les puissants seront de plus en plus puissants.
Daniel Sotty
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